Réenchanter la vie... vs Economie ?

February 21, 2016

On peut s'étonner de l'association de ces deux expressions "Réenchanter la vie" et "Economie de proximité" comme complémentaires l'une de l'autre ! Et pourtant...

Economie. Nous avons perdu le sens originel du mot. Nous l’avons décliné sous différentes formes. Cela en soi n’est pas un problème ; mais nous nous sommes finalement plus attachés à ses déclinaisons qu’à son sens profond. Et, peu à peu, nous nous sommes éloignés de sa signification pour ne plus voir que ses déviations, voire ses déviances.

 

Ainsi, dans les premiers temps de notre histoire, l’économie de subsistance qualifiait-elle la satisfaction des besoins essentiels. Cela correspond à la base de la pyramide de Maslow. Il en a été ainsi pendant quelques millénaires où nos lointains ancêtres veillaient sagement à ce que leur tribu dispose du nécessaire pour vivre : nourriture, habillement, abri et les outils indispensables pour satisfaire ces besoins essentiels.

Plus tard, nous sommes entrés sans le savoir dans une économie de marché. Ainsi, de grands courants d’échanges ont permis de ne plus uniquement se satisfaire de ce que l’on trouvait sur place, là où l’on se trouvait, mais d’aller chercher au loin d’autres produits qui amélioraient le quotidien, en échange de productions locales que l’on exportait.

Puis, le saut : il ne s’agissait plus alors de satisfaire des besoins, mais d’accumuler. Cette accumulation se faisait souvent au profit de quelques-uns, au détriment des autres. Nous étions entrés dans l’économie capitaliste. Plus de simple échange donnant-donnant, mais des profits, des investissements, des stockages, des plus-values. Ce n’est pas mauvais en soi. Tout dépend de l’usage que l’on fait du stockage de biens ou de richesses et à condition de ne pas perdre de vue le principe de base de l’économie, qui réside dans le bien commun. Mais hélas, la tentation d’accumuler pour accumuler, de s’enrichir pour s’enrichir a bien souvent eu raison de ce principe. La récente crise survenue en 2008 nous l’a rappelé.

Au passage, nous avons perdu aussi ce "bon sens" qui devrait prévaloir à notre mode de vie sur la planète. Nous avons gaspillé, nous avons détruit. Bien sûr, heureusement, nous avons aussi créé, inventé, amélioré la vie quotidienne, la santé. Mais avons-nous eu le souci de mesurer les "dégâts collatéraux" de ces avancées et, du coup, de placer le curseur à un point raisonnable ?

Au premier rang de ces dégâts, avant même l’impact sur l’environnement et sur la planète, se manifeste en bien des points de notre monde et chez nous en particulier, la rupture du lien social.

Alors, nous avons perdu la partie ?

Oh que non !!

Nous parlions il y a quelques lignes du sens du mot économie. Son étymologie nous indique qu’il est composé des deux mots "oïkos" et "nomos". Le premier qui englobe les notions de maison, de propriété, de patrimoine, le second évoque les règles de conduite, l’usage des choses. Assemblés et replacés dans le contexte qui est celui de notre étude, ils évoquent la manière de bien vivre ensemble, avec nos ressources, dans le cadre de règles établies.

Ainsi, ce mot d’économie est insensiblement passé d’un sens relationnel à un sens de transaction. Il ne s’agit plus de vivre ensemble dans le cadre d’échanges bien compris, mais de commercer.

L’économie devrait être en quelque sorte un art, elle est devenue une technique.

 

Il nous faut retrouver le sens, la simplicité originelle du terme. En tout cas en ce qui concerne le fondement de notre économie. Il ne s’agit pas là de retrouver un quelconque paradis perdu, mais de débarrasser ce terme et ce qu’il recouvre de toutes ces concrétions qui se sont accumulées de dérives en dérives et qui l’encombrent, l’empêchent de fonctionner, un peu comme une usine à gaz. Non pas qu’il faille jeter tout ce qui existe, mais il faut retrouver la relation, fondement de toute société, et sens premier du mot économie.

La relation se retrouve en tout premier lieu dans la proximité. Elle est essentielle humainement, socialement, économiquement. Elle s’exerce tout d’abord ici, sur place, dans nos territoires.

Nous sommes à l’un de ces carrefours de notre développement qui permet de prendre une meilleure route que celle sur laquelle nous sommes engagés, sans pour autant rebrousser chemin.  Chacun, quelle que soit  sa place, sa formation, sa culture, peut et doit y prendre part.

A commencer par diffuser les bonnes pratiques, les réussites dans les territoires dont nous avons connaissance, qui pourront ainsi inspirer d'autres acteurs et permettre une pollinisation positive.

 

 

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